Avant de réserver un chiot, demandez par écrit les résultats des examens de santé des deux parents : radiographies officielles de dysplasie des hanches et des coudes, tests oculaires, et selon la race, tests cardiaques ou génétiques. Ces documents doivent être lisibles, datés, et provenir d'un organisme reconnu dans le pays de l'élevage. Un éleveur qui refuse de transmettre ces pièces, ou qui répond seulement à l'oral, vous laisse sans moyen de vérifier ce que vous achetez.
Quels examens demander avant de réserver un chiot ?
La liste varie selon la race, mais la logique reste la même : on cherche les maladies héréditaires fréquentes dans la race concernée, celles pour lesquelles il existe un test reproductible. Pour un chien de grande taille ou de format bréviligne, la dysplasie coxo-fémorale et la dysplasie du coude arrivent en tête. Pour beaucoup de races, on ajoute un examen ophtalmologique annuel, parfois un test cardiaque, et des tests ADN pour des maladies précises.
Demandez toujours les résultats des deux parents, pas seulement de la mère. Le père peut être un étalon extérieur à l'élevage : dans ce cas, l'éleveur doit pouvoir fournir ses résultats, ou vous indiquer où les consulter. Un chiot issu de deux parents testés n'est pas garanti indemne, mais il part avec une probabilité réduite de développer certaines affections.
Le format compte autant que le contenu. Un certificat de radiographie de dysplasie comporte un identifiant du chien, la date, le nom du lecteur ou de l'organisme, et une cote. Une simple mention « hanches OK » sur un message ne remplace pas ce document. Si vous comparez plusieurs races avant de vous décider, la démarche est identique : par exemple, le guide de race proposé par le Carnet du Bouvier des Flandres détaille, pour cette race, la croissance sur deux ans et les points de vigilance sanitaires à vérifier chez les parents, ce qui donne un ordre de grandeur utile même quand on cherche une autre race.
Enfin, demandez le calendrier : à quel âge les parents ont-ils été testés, et à quelle fréquence les tests sont-ils renouvelés ? Un test oculaire de cinq ans ne dit rien de l'état actuel du chien reproducteur.
Comment lire le résultat d'une radio de dysplasie ?
Une radiographie de dysplasie est lue par un lecteur habilité, puis traduite en cote. Les systèmes diffèrent selon les pays, et c'est la première source de confusion. En France, la cote va de A à E pour la hanche, A étant le meilleur. En Allemagne et dans plusieurs pays d'Europe du Nord, on utilise une échelle de 0 à 4, où 0 correspond à l'absence de signe. Au Royaume-Uni, le système du British Veterinary Association donne un score par hanche, additionné ensuite, avec un score total à comparer à la moyenne de la race. Aux États-Unis, l'OFA publie une évaluation de type « excellent », « good », « fair », ou une mention de dysplasie.
Ce qu'il faut retenir : une cote n'a de sens que replacée dans le système qui l'a produite et dans la moyenne de la race. Un A français et un 0 allemand ne sont pas des équivalents automatiques, même s'ils indiquent tous deux une hanche sans anomalie notable. De même, un score britannique de 10 n'est pas « mauvais » en soi : il faut le comparer à la médiane de la race, qui peut être de 12 ou de 20 selon les races.
Pour le coude, les échelles sont plus simples : souvent de 0 à 3, 0 signifiant absence d'arthrose visible. Un coude de grade 1 reste un signal à discuter avec un vétérinaire, surtout si les deux parents sont concernés.
Deux pièges fréquents. Le premier : une radio faite trop tôt. La lecture officielle se fait généralement à partir de l'âge adulte, souvent après 12 ou 18 mois selon les races et les organismes, parce que la croissance n'est pas terminée avant. Une radio précoce peut sous-estimer ou surestimer les lésions. Le second : la radio elle-même n'est pas consultable par l'acquéreur dans tous les cas, mais le certificat, oui. Demandez le certificat, pas l'image.
Un point de prudence : une bonne cote des parents ne garantit pas un chiot indemne, et une cote moyenne ne condamne pas un chiot. La dysplasie est multifactorielle, avec une part génétique et une part liée à la croissance, à l'alimentation et à l'exercice pendant les premiers mois. C'est pourquoi les conseils d'élevage insistent souvent sur la conduite de la croissance autant que sur les tests des parents.
Que faire si l'éleveur ne fournit pas les documents ?
Vous pouvez demander à voir les originaux lors d'une visite, ou une copie numérisée lisible. Un éleveur sérieux anticipe cette demande : il a un dossier prêt, il sait quel organisme a lu les radios, il connaît les dates. S'il élude, change de sujet, ou propose de « voir ça plus tard », considérez que l'information ne viendra pas.
Il existe une différence entre un éleveur qui n'a pas encore reçu un résultat en cours et un éleveur qui n'a jamais fait tester ses reproducteurs. Le premier vous donne une date de retour. Le second n'a rien à donner. Dans les deux cas, vous pouvez décider d'attendre ou de chercher ailleurs, mais vous décidez en connaissance de cause.
Quels tests au-delà de la dysplasie ?
Selon la race, d'autres examens sont attendus. Les tests oculaires, réalisés par un vétérinaire ophtalmologue, dépistent des affections héréditaires comme la cataracte juvénile ou certaines atrophies rétiniennes. Ils sont souvent renouvelés chaque année, car l'état de l'œil évolue.
Les tests cardiaques, réalisés par un vétérinaire cardiologue, concernent surtout les races prédisposées aux cardiopathies. Là encore, le compte rendu doit être daté et signé.
Les tests ADN, enfin, se sont multipliés. Ils détectent des mutations responsables de maladies précises, avec un statut clair : indemne, porteur sain, ou atteint. Un porteur sain ne développe pas la maladie mais peut la transmettre. Deux porteurs sains mis ensemble ont un risque élevé de produire des chiots atteints. Demandez donc le statut des deux parents pour chaque test disponible dans la race.
Comment vérifier qu'un document est authentique ?
Un certificat de radiographie comporte un numéro d'identification, souvent un tatouage ou une puce, qui doit correspondre au chien présenté. Vérifiez que le nom du chien sur le document est bien celui du parent, et que la date est cohérente avec l'âge annoncé.
Pour les organismes centraux, comme l'OFA aux États-Unis ou les registres nationaux en Europe, une recherche en ligne par numéro de chien permet parfois de retrouver le résultat publié. Tous les pays ne proposent pas ce service, mais quand il existe, il vaut la peine d'y consacrer cinq minutes.
Un document scanné peut être modifié. La vérification par un organisme tiers, quand elle est possible, reste la seule manière de confirmer. À défaut, la cohérence interne du dossier, dates, identifiants, noms, lecteurs, donne déjà une bonne indication.
Ce que ces tests ne remplacent pas
Les tests des parents réduisent un risque, ils ne l'annulent pas. Un chiot peut développer une affection que ses parents n'ont pas, et l'inverse est vrai. Le suivi vétérinaire après l'adoption, la conduite de la croissance, l'alimentation et l'exercice adaptés à l'âge restent déterminants, en particulier pendant la période de croissance rapide.
Demandez aussi à voir la mère avec ses chiots, ou au minimum des photos récentes de la portée. L'état corporel de la mère, la propreté de l'espace, la socialisation des chiots en disent long sur l'élevage, autant que les papiers.
Enfin, gardez une copie de tous les documents que vous recevez. Le jour où votre chien est examiné par votre vétérinaire, ces éléments permettent de reconstituer son historique et d'adapter le suivi.